[digest]          
         
 
         
  L'époque - on le sait - est propice à la profusion, à l'immédiateté et au recyclage.      
         
 
Le cinéma-poussière, fondé sur ce constat teinté d'amertume, produisit entre 2002 et 2009 une douzaine de courts films réunis sous le titre générique de [digest].
 
   
  Si le terme choisi indique clairement la volonté de faire du résumé, il pointe aussi le processus de digestion mis en œuvre : les images générées semblent être le produit, non pas d'un auteur mais d'un organisme.     Cette impression est rapidement confirmée quand on regarde le peu d'informations dont on dispose. Sur les supports en notre possession, rien de précis : illégalité oblige les membres de ce groupuscule agissent sous le double couvert de l'anonymat et du collectif.  
             
  Les producteurs initialement  envisagés ayant fait  volte-face pour des raisons d'accès aux droits des films ainsi maltraités, cette série "dont le diffusion et la vision pose problème " est demeurée inédite.*     * l'observatoire de sémiographie décide de la diffuser, uniquement sous forme d'extraits.  
             
  Qu'elles soient concassées, mâchouillées ou recrachées, ce qui est offert à la vue est toujours une collision d'images d'autrui : un amalgame phagocytaire, où se conjuguent le goût de la vitesse et l'esprit de synthèse.     Le résultat, parfois à l'extrême limite du regardable pose en outre d'insolubles questions juridiques.  
             
 
La distance générée par la citation systématique n'est pas sans produire une certaine ironie, au point d'en arriver à ce paradoxe : il est impossible de supprimer le sens, car le perdre implique d'en créer.
 
             
  Premier réalisé, "la femme des sables" y fait figure de manifeste ; d'une durée de près de 25 minutes, c'est le plus long et le plus radical de tous.  
             
  Le groupuscule qui -à ce jour- ne souhaite toujours pas "ajouter de nouvelles images à la confusion" (sic) se dirigera ensuite vers la production de "battle".